Risques psychosociaux et qualité de vie au travail

Chez les salariés, les aspirations au changement de vie se confirment

Alors que le retour au bureau, total ou partiel, se généralise depuis le mois de juin, la 8ème vague du Baromètre de la Santé psychologique des Salariés – réalisé par Opinion Way pour Empreinte Humaine – confirme que la crise a laissé des traces durables, à la fois en termes de santé mentale et d’évolution des choix de vie.

 

De nombreux salariés français sont épuisés par 18 mois de crise et aspirent à changer de vie. Voici, résumé en une phrase, ce que l’on peut retenir de ce 8e baromètre. Plus en détail, l’étude confirme que leur santé psychologique s’améliore mais doit demeurer sous surveillance. Le niveau de détresse psychologique reste à un nouveau important, 38 %, même si en recul de six points par rapport à mai 2021, tandis que le taux de dépression nécessitant un accompagnement atteint 33 %, soit trois points de moins.

« Managers, femmes et jeunes les plus touchés »

Cette légère amélioration concerne principalement les managers, en première ligne dans le suivi du télétravail depuis plus d’un an. Pour autant, ils restent les plus touchés par le burn out, qui affecte près d’un manager sur cinq. Les femmes et les jeunes continuent d’être fortement impactés, avec respectivement 44 % de situations de détresse psychologique (50 % chez les moins de 39 ans).

L’étude montre également que les actions de sécurité psychosociale, quand elles existent, ont un effet bénéfique sur la santé psychologique. Environ un tiers des organisations ont mis en œuvre des mesures de fond, ce qui améliore de 30 points le bien-être psychologique de leurs salariés et leur fidélité envers leur organisation.

Le retour au bureau est vécu différemment par les actifs français : deux tiers des salariés expriment de la réticence, mettant en avant notamment la qualité du climat de travail comme source de motivation à revenir dans les locaux. Une majorité de managers reconnaît par ailleurs ne pas savoir comment donner du sens pour motiver les télétravailleurs à revenir en présentiel.

Déménagements et nouvelles priorités

L’autre enseignement marquant du baromètre relève des nouveaux modes de vie : 19 % des salariés interrogés déclarent avoir déménagé depuis le début de la crise (et même 35 % pour les télétravailleurs). Le rééquilibrage en faveur de la qualité de vie se confirme, avec 69 % des répondants qui apprécient mieux la valeur de la vie, et 58 % qui ont changé leurs priorités. Près d’un salarié sur deux estime avoir donné une nouvelle orientation à son existence. Nouveaux choix de vie, déménagements, exigence de bien-être psychologique accrue… Tout contribue à faire émerger de nouvelles velléités professionnelles. Dans les faits, 16 % des salariés ont choisi de quitter leur entreprise depuis le début de la crise, et près d’un tiers souhaite chercher un autre emploi.

Cette période a aussi réorienté les attentes des salariés vis à vis de leur employeur : 82 % (+12 points) souhaitent que les politiques de qualité de vie au travail de leur entreprise évoluent. « Ces chiffres expriment un vrai changement dans le rapport au travail et les priorités des salariés français, » pointent Christophe Nguyen, psychologue du travail et président d’Empreinte Humaine, et Jean-Pierre Brun, expert-conseil et co-fondateur du cabinet, « Ils sont épuisés par ces mois de crise, par les confinements suivis de déconfinements, et aspirent à changer pour préserver leur santé mentale au travail. Au-delà de ces données, cela démontre un changement dans le rapport au travail et pose une question de fond : celle du sens du travail« .

lire en ligne l’article de Gilles Marchand

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